Chronique sur le livre des Chroniques du Roi Carotte

se-manquer

Explorer les relations humaines, tel est le noble dessein du premier roman d’Agathe Vidal. Quels seront nos désirs et nos relations au XXIIe siècle ? Seront-elles aussi différentes que celles d’autrefois et que celles actuelles ?

Peut-on d’ailleurs appeler ce livre un roman ? Est-ce plutôt une étude psychologique, un essai de philosophie, une aventure humaine ?

En couverture, la statuaire démontre les origines antiques et ancestrales du questionnement de la relation à autrui. La femme, déesse, nymphe ou mortelle, canon de beauté, seins nus, songeuse, amène la question de la relation sexuelle et du désir. Et l’angelot, chérubin ou séraphin, putto italien, le doigt sur la bouche, garde le mystère entier, confident de la création humaine.

L’introduction prend des airs de dissertation philosophique et interroge la raison du lecteur. Dès lors, un ouvrage documenté s’offre à nous, faisant référence à Sartre, Platon, Sénèque, Freud, Héraclite, Stendhal ou encore Kant.

La narration est un prétexte à tout ceci : à travers une tranche de vie de Cynthia, une jeune femme en proie auxdites réflexions, les modes de vie s’opposent entre hier, aujourd’hui et demain.

Ecrit dans une langue simple et crue au service de la réflexion, en définitive, les personnages ne sont que le support de la réflexion tout comme la trame narrative. S’attardant sur l’analyse des dialogues et décortiquant chaque expression, le narrateur (externe) fait preuve d’un regard critique sur le sens implicite du langage et sur la société contemporaine.

Malgré quelques imperfections de la plume parfois trop simple, ce livre n’est pas un bon roman, mais un excellent « récit philosophique », conte voltairien contemporain. Court à lire mais absolument chargé en esprit, cet ouvrage, explorant la complexité du désir et de l’Homme, est finalement porteur d’espérance.

« Tu veux des rituels ? Des principes ? C’est très simple ! Aujourd’hui les hommes, ne veulent que quatre choses, comme à la nuit des temps : Manger, Boire, Dormir et Baiser. C’est tout ! Voilà leurs rituels. »

« Car au fond, c’était bien de foi qu’il s’agissait. La foi en l’homme, en son esprit, en ses capacités de « renouvellement » ou plus exactement comme dirait Platon : « La capacité à être capable ». »

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